Programme
Vendredi 9 Mars
Bruxelles | 20:30
Kaaistudio’s
Ictus & the new silence
This is not a pop song
This is not a pop song
ICTUS
Michael Schmid, voix, flûte contrebasse
Dirk Descheemaeker, sax./clar.
Tom Pauwels, guitare électrique
Géry Cambier, basse
Jean-Luc Plouvier, synthétiseur
Gerrit Nulens, batterie
Alex Fostier, son
THE NEW SILENCE
Johnny Chang, viola
Koen Nutters, double bass
Morten Olsen, gran cassa
Oscar Bianchi
Lullaby **
Alexander Schubert
Interception**
Morten Olsen
No Heavy Trucking (after Kenneth Higney)**
Benjamin De La Fuente
Bypass (2011)
Frédéric Pattar
This is not a crescendo**
Clinton Mc Callum
April Eighteenth 1993, Waco, Texas**
Michael Schmid
Solo (after c8 diversity by Venetian Snares)
Hikari Kiyama
Kurt Schwitters**
Fabian Fiorini
Billowing Clouds**
Toutes les œuvres sont des commandes d’Ictus

Le concert vu par Bert De Keyser
En pratique
Tickets
16 € – 12 €
Bozartickets
Rue Ravenstein 18
1000 Bruxelles
Lu > Sa : 11:00 – 19:00
Réservation :
+32 (0)2 507 82 00
Lu > Sa : 9:00 – 19:00
e-tickets : www.bozar.be
une heure avant le concert :
Kaaistudio’s
Rue Notre-Dame du Sommeil 81
1000 Bruxelles
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Salle
Kaaistudio’s
Rue Notre-Dame du Sommeil 81
1000 Bruxelles
Bus 86 (Porte de Ninove)
Tram 51 (Porte de Ninove)
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Production
Prod.BOZAR, Kaaitheater, Ictus, Ars Musica
![$mediaDesc/TITLE image DEMONS [2]](http://www.arsmusica.be/Files/media/0000/142/fre/ictus-weird/image.jpg)
« Depuis que je suis né, je baigne dans les images digitalisées, les sons synthétiques, les artefacts. L’artificiel, le distordu, le filtré – voilà ce qu’est la Nature des hommes d’aujourd’hui », écrivait Fausto Romitelli (1963-2004), un compositeur que Claude Ledoux a mis à l’honneur dans cette édition d’Ars Musica. La mise en contact des harmonies mutantes du spectralisme et de l’expressivité hallucinée du rock psychédélique, tentée et réussie avec brio par Romitelli durant sa trop courte vie, autorise en effet à le situer en plein coeur de la problématique soulevée par cette programmation: celle d’une altérité féconde, d’une rencontre de l’art musical occidental avec des éléments hétérogènes.
Mais son appel explicite à un art visionnaire, obsessionnel et violent (je choisis les mots les plus modérés qu’on puisse trouver sous sa plume), sa prise en compte, tour à tour dégoûtée et fascinée, de la communication de masse et de la brutalité de son impact, éloignaient d’emblée le compositeur milanais des discours oecuméniques dont il avait pressenti la levée, et qui ont aujourd’hui force de loi. L’altérité était chez lui altération. La rencontre : traumatisme. Et l’autre : Alien, monstre, virus. Il ne pensait pas la musique pop en partenaire aimable, dont la proximité aurait été promesse de tendres réconciliations, mais comme le facteur X d’une opération à l’issue incertaine. Du son sublime au son sale, de l’accord plein à l’accord saturé, de la phrase qui soulève l’âme à celle qui soulève le coeur, de l’écriture à son déchet, il n’y a que le temps d’une distraction, d’un battement de paupières.
C’est à partir de l’expérience bouleversante de l’œuvre romitellienne que nous avons conçu l’idée de ce concert, expérimental au sens strict - un concert en forme d’hypothèse : proposer à une série de compositeurs de s’emparer de l’instrumentarium de base du groupe pop - voix, guitare électrique, basse, batterie, saxophone et clavier, sans leur imposer aucune autre contrainte que d’en déployer la sonorité propre - cette Nature dévoyée qu’évoquait Romitelli - et de laisser cette sonorité intoxiquer leur écriture.
De notre côté, nous nous engagions à en exprimer la juste couleur en travaillant dès la première répétition avec notre ingénieur du son, Alexandre Fostier (membre de l’ensemble à part entière), de jouer sans chef d’orchestre et de travailler la musique de mémoire, ainsi que le veut la convention pop. Enfin, nous avons engagé, en partenaires de l’ombre, l’étrange trio de musiciens du New Silence, dont les improvisations minimalistes traverseront tout le concert comme un gaz : elles commenceront bien avant l’entrée du public et se termineront après sa sortie. Leur bruit de fond remplacera le silence.
Jean-Luc Plouvier
pour Ictus
