23/11 - 16:00

Le mécano de la «General» - Film de Buster Keaton - European Contemporary Orchestra, Direction Jean-Paul Dessy & Raoul Lay

Le mécano de la «General»

S’il est unaniment considéré aujourd’hui comme un chef-d’œuvre de l’histoire du cinéma, Le Mécano de la « General », spectaculaire et picaresque épopée inspirée d’un épisode réel de la Guerre de Sécession, ne suscita à sa sortie, en 1926, qu’une relative indifférence. Ce film était-il trop moderne pour son temps ? « J’ai vu Le Mécano de la «General» quand j’étais enfant dans une salle de cinéma du Quartier Latin avec mes parents. » explique François Narboni. « J’avoue ne pas l’avoir revu depuis, comme si j’en avais voulu préserver le merveilleux souvenir… » En restant fidèle à ses sensations d’enfance, et en cherchant à les transmettre à d’autres, le compositeur a su déjouer les pièges classiques propres à la musique de film : ni illustrative, ni redondante, sa partition accompagne moins les images qu’elle ne les prolonge, les augmente, conférant à l’ensemble une nouvelle profondeur de champ, propre à parler au plus intime de chacun.


Halles de Schaerbeek
Prix: -3€ (prévente), 15€, 18€, 9€

Coproductie: Ensemble Télémaque, Le manège.mons, Musiques Nouvelles, Arsenal – Metz en scènes, ARS MUSICA & Hallen van Schaarbeek

Coprésentation : Bozar

European Contemporary Orchestra (ECO) (BE-FR)

Jean-Paul Dessy (Musiques Nouvelles), direction
Raoul Lay (Ensemble Télémaque), direction

Créations
François Narboni, Le mécano de la « General »
Création Belge




S’inspirant d’un épisode réel de la Guerre de Sécession, Buster Keaton narre, dans Le Mécano de la General, l’épopée picaresque de Johnnie Gray, un conducteur de locomotive qui, aux commandes de sa « General », devient un héros militaire malgré lui et parvient à conquérir le cœur de sa fiancée, la belle Annabelle Lee… S’il est unaniment considéré aujourd’hui comme un chef-d’œuvre de l’histoire du cinéma , ce film spectaculaire – au budget colossal pour l’époque – ne suscita à sa sortie, en 1926, qu’une relative indifférence de la critique comme du public. Peut-être était-il trop moderne pour son temps ? « J’ai vu Le Mécano de la General quand j’étais enfant dans une salle de cinéma du Quartier Latin avec mes parents, explique le compositeur François Narboni. J’avoue ne pas l’avoir revu depuis, comme si j’en avais voulu préserver le merveilleux souvenir… Plus que l’histoire en ses détails, ce sont les mouvements du train, passant des mains de son conducteur à celles des Confédérés puis revenant au conducteur, traversant un champ de bataille, tombant d’un pont, etc. qui me sont restés en mémoire et m’ont toujours suggéré de la musique. C’est aussi l’histoire du simple mécano, pris entre son train et sa fiancée, sur fond de guerre civile. Petite histoire sur fond de tragédie historique qui suggère une musique aussi bien intime que véhémente. Plusieurs décennies après avoir “vu” Le Mécano, je souhaite maintenant l’écouter et le donner à entendre… » En restant fidèle à ses sensations d’enfance, et en cherchant à les transmettre à d’autres, François Narboni a su déjouer les pièges classiques propres à la musique de film : ni illustrative, ni redondante, sa partition accompagne moins les images qu’elle ne les prolonge, les « augmente » et les amplifie, soulignant leur grâce intemporelle, et conférant à l’ensemble une nouvelle profondeur de champ, propre à parler au plus intime de chacun. Les vingt musiciens de l’European Contemporary Orchestra – jeune formation initiée par les ensembles Télémaque (Marseille) et Musiques Nouvelles (Mons) – se prennent manifestement au jeu. Nous sommes tous un peu des mécanos de la General.

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Un ciné-concert tout public

La locomotive d’un petit mécano traverse l’écran dès que se lève la baguette du chef d’orchestre : nous voici au concert autant qu’au cinéma. La musique puissante et rythmée de François Narboni éclaire d’un jour nouveau les rocambolesques aventures de Buster Keaton, alias Johnnie, pendant la guerre de Sécession. Audacieuse, contemporaine, rock et jazzy, la formation atypique de l’European Contemporary Orchestra offre une liberté d’expression hors du commun au compositeur. Quatre-vingt-huit ans après sa sortie en 1926, le chef d’œuvre de Buster Keaton retrouve une nouvelle jeunesse, vive et résolument moderne !

Dix-huit solistes de formation classique, dont une guitare électrique et deux percussionnistes, un DJ, un ingénieur du son et deux chefs permanents (Raoul Lay & Jean-Paul Dessy) brouillent notre perception du temps en proposant une situation de concert insolite.

Musique pour le film de Buster Keaton, musique avec le film, la partition de François Narboni ne répond en rien à l’appellation quelque peu dévalorisante de musique de film. -Pierre Degott – Res Musica – 31 mars

Écrite avec précision sur 94 minutes de film, la musique de François Narboni stimule notre imagination :

J’ai vu Le Mécano de la « General » quand j’étais enfant dans une salle de cinéma du Quartier Latin avec mes parents. J’avoue ne pas l’avoir revu depuis comme si j’en avais voulu préserver le merveilleux souvenir… Plus que l’histoire en ses détails, ce sont les mouvements du train, passant des mains de son conducteur à celles des confédérés puis revenant au conducteur, traversant un champ de bataille, tombant d’un pont, etc. qui me sont restés en mémoire et m’ont toujours suggéré de la musique. C’est aussi l’histoire du simple mécano, pris entre son train et sa fiancée, sur fond de guerre civile. Petite histoire sur fond de tragédie historique qui suggère une musique aussi bien intime que véhémente. Plusieurs décennies après avoir ‘vu’ Le Mécano, je souhaite maintenant l’écouter et le donner à entendre… (François Narboni)