22/11 - 19:00

Stéphane Ginsburgh - Speaking pianist

Stéphane Ginsburgh

Un pianiste parlant, un récitant pianiste. Avec ce programme combinant subtilement musique, voix, électronique, actions et percussion, Stéphane Ginsburgh joue à intervertir les rôles, à les mélanger, à créer l’ambiguité : la musique et le texte ne sont plus superposés, mais s’enchevêtrent, pour se mêler plus intimement. Tout devient plus vivant, les gestes, les regards, les sons et les mots prennent une autre dimension, et l’on imagine les situations les plus originales, les plus neuves. Le piano revêt soudain une résonance singulière, et le concert, une tournure plus personnelle : le musicien s’exprime, il parle en jouant, et sa manière de parler ne peut être que la sienne, unique. À travers des œuvres de Vykintas Baltakas, Jean-Luc Fafchamps, François Sarhan, Matthew Shlomowitz et une création de Frederic Rzewski – l’un des pionniers de la musique pour ‘speaking pianist’ -, Stéphane Ginsburgh propose une nouvelle approche de l’expérience musicale.


Botanique
Prix: 14€, 40€ (pass Bota)

Coproduction : Botanique

Créations
Frédéric Rzewski, Dear Diary (2014) (Commissioned by Ars Musica and Fédération Wallonie Bruxelles for Stephane Ginsburgh)
Création mondiale - commande d'Ars Musica

Oeuvres
Matthew Shlomowitz, Popular Contexts vol. 2 (2010) For piano, sampler, voice and physical actions (one person) (commande du Centre Henri Pousseur)
François Sarhan, Ô piano (2012), for a speaking pianist and prerecorded sounds
Jean-Luc Fafchamps, Rap & Tap (2011), for speaker and sound-effect pianist (Commissioned by Festival Midis-Minimes 25th birthday for Stephane Ginsburgh)
Vykintas Baltakas, Pasaka (1995-97) for piano and electronics



Un pianiste parlant, un récitant pianiste… À travers ce programme combinant subtilement musique, voix, électronique, actions et percussion, Stéphane Ginsburgh joue à intervertir les rôles, à les mélanger, à créer l’ambiguité : la musique et le texte ne sont plus superposés, mais s’enchevêtrent, pour se mêler plus intimement. C’est une nouvelle approche de l’expérience musicale : tout devient plus vivant, les gestes, les regards, les sons et les mots prennent une autre dimension, et l’on imagine les situations les plus originales, les plus complexes, les plus neuves. Mélanger le piano à la voix, à l’électronique, au geste, c’est paradoxalement se rapprocher de lui : ajouter au jeu pianistique permet en effet d’en mesurer la distance, de lui donner de la valeur. Dans le rapport à la voix, le plus intéressant est, outre l’aspect éventuellement littéraire de l’affaire, l’apport d’une dimension personnelle, ou du moins qui apparaît comme telle, c’est-à-dire spécifique au musicien. Celui-ci s’exprime, il parle en jouant, et sa manière de parler ne peut être que la sienne, unique. N’est-ce pas en s’appropriant la voix d’une œuvre qu’on peut la faire partager, la faire porter ? Une musique qui porte, comme une voix, tel est l’enjeu.

Le Lithuanien Vykintas Baltakas utilise sa langue natale et l’électronique. Le pianiste raconte une histoire, pour lui-même, pour quelqu’un d’autre. Comprendre n’est pas important, ce qui compte c’est le désir de raconter l’histoire. La nécessité. C’est le conte qui se trouve derrière Pasaka.

Rap et Tap de Jean-Luc Fafchamps sont deux miniatures explosives écrites pour un projet rassemblant des pièces brèves. Rap, dédié à Frederic Rzewski, entrelace la musique à un texte de James Baldwin. Tap, à la mémoire Bill « Bojangles » Robinson, donne à entendre une multitude d’effets sonores percussifs sur le piano.

Dans Ô Piano, François Sarhan déploie le long monologue hésitant d’un pianiste qui s’interroge sur le sens de sa pratique musicale. En découle un jeu corporel très particulier puisque le pianiste s’adressant à un auditeur imaginaire parle, joue, s’interrompt, reprend le fil de sa pensée en amont, et termine par une question.

Matthew Shlomowitz pratique quant à lui des incises dans le monde sonore et musical quotidien, et l’expose à notre écoute dans les conditions décalées du concert. Il s’agit dans Popular Contexts 2 d’une confrontation entre le piano et le monde qui permet d’explorer différentes manières d’écouter dans un contexte donné.

Frederic Rzewski est un des pionniers de la musique pour speaking pianist. Mais est-ce un pianiste qui parle ou un récitant qui joue ? La question reste posée. Les trois pièces de Dear Diary (Création. Commande d’Ars Musica) sont les premières d’une série basée sur les carnets du compositeur lui-même.