21/11 - 20:00

Thérèse Malengreau

Thérèse Malengreau

Une nouvelle fois, Thérèse Malengreau se distingue par la qualité d’un programme qui nous entraîne hors des sentiers (re)battus pour mettre en jeu la notion de minimalisme au sens le plus ouvert du terme. En quatre saisons, elle explore autant d’archipels de pièces qui – par leur sobriété, leur brièveté ou leur caractère répétitif, par la prééminence qu’elles accordent à la résonance ou par le rôle qu’y tient le silence – peuvent être qualifiées de minimalistes. S’ouvrant sur l’intemporelle Musica Callada (‘musique silencieuse’) de Federico Mompou, abordant maints rivages exotiques, cette exploration exhume, au passage, quelques îles au trésor – ces extraits du Livre des Sons de l’Allemand Hans Otte (1979- 82), l’un des sommets méconnus du minimalisme, et des monumentales Villes intérieures (1996-2013) d’Alvin Curran. Elle révèle un continent musical non seulement inépuisable, mais surtout irréductible aux clichés, démontrant que ce qui se joue dans le minimalisme, c’est d’abord notre rapport à l’écoute et au temps. Et expérimenter les limites et les absolus du minimalisme, c’est parfois nous découvrir maximalistes.


Musée Charlier
Prix: 12€

Avec le soutien de la Commune de Saint-Josse-ten-Noode

Thérèse Malengreau est Lauréate Belfius Classics

 

Oeuvres
Anton Webern, Variationen op.27 II. Sehr schnell
André Souris, Tombeau de Socrate
Gérard Pesson, Vexierbilder Rom : Jeux d’os aux capucins
Arvo Pärt, Für Alina
Hans Otte, Das Buch der Klänge, 4
Federico Mompou, Musica Callada, XVIII
Gyorgy Ligeti, Musica Ricercata
Tom Johnson, Cosinus
Jonathan Harvey, Haiku
Hauke Harder, Like bells, painted bells
Frans Geysen, Möbius Band
Morton Feldman, Piano piece
Alvin Curran, Inner Cities, 7.5
John Cage, Suite for a toy piano (partie)
John Cage, 7 Haikus
Boudewijn Buckinx, Short Lived
Beat Furrer, Voicelessness (The snow has no voice)
Louis Andriessen, Image de Moreau
Charles-Valentin Alkan, Chanson de la folle au bord de la mer



Intelligence et sensibilité de la conception, finesse de l’articulation, audace et originalité, surtout, de la sélection : une nouvelle fois, Thérèse Malengreau se distingue par la qualité d’un programme qui nous entraîne hors des sentiers (re)battus pour mettre en jeu la notion de minimalisme au sens le plus large et ouvert du terme. Loin de circonscrire celui-ci, que ce soit historiquement ou géographiquement, la pianiste nous propose d’explorer, en quatre saisons qui sont plutôt autant de chapitres, différents archipels de pièces qui, d’une manière ou d’une autre, peuvent être qualifiés de minimalistes – par leur sobriété, leur brièveté ou leur caractère répétitif, par la prééminence qu’elles accordent à la résonance ou par le rôle qu’y tient le silence. S’ouvrant sur l’intemporelle Musica callada (« Musique silencieuse », 1959-67) du Catalan Federico Mompou et se refermant sur la tabula rasa absolue de la Musica Ricercata de Ligeti, cette exploration englobe aussi bien les miniatures ciselées de Gérard Pesson que les ascétiques variations weberniennes, les haïkus de John Cage comme celui de Jonathan Harvey. Elle invite à retrouver chez l’Autrichien Beat Furrer l’écho des Pas sur la neige de Debussy, ou chez l’Américain Tom Johnson, celui des spirales obsessionnelles de Hauer. Elle exhume, au passage, quelques îles au trésor, à commencer par ces extraits du « Livre des sons » de l’Allemand Hans Otte (1979-82) – l’un des sommets méconnus du minimalisme – et des monumentales « Villes intérieures » (1996-2013) d’Alvin Curran. Si elle ancre son programme avec quelques phares reconnus comme tels — Glass, Pärt, Feldmann —, elle aborde aussi nombre de rivages exotiques et méconnus, à travers ces pages confidentielles de Charles-Valentin Alkan, André Souris, George Antheil, William Duckworth, Frank Geysen, Hauke Harder ou Boudewijn Buckinx… Cette exploration révèle un continent musical non seulement inépuisable, mais surtout irréductible aux clichés : elle démontre que ce qui est en jeu à travers le minimalisme, c’est d’abord notre rapport à l’écoute et au temps. Et expérimenter les limites et les absolus du minimalisme, c’est parfois nous découvrir maximalistes.