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Biographie

Arthur Lourié

Lourié naît à Saint-Pétersbourg le 14 mai 1892. Issu d’une famille de confession juive, il se convertit au catholicisme et abandonne son nom de Naum Israelevitch Luria pour celui d’Arthur Sergueïevitch Lourié, puis d’Arthur Vincent Lourié, pour son admiration et en hommage à Vincent van Gogh et à la peinture française contemporaine ; lui-même sera également peintre, comme son collègue Arnold Schönberg. Son activité principale sera toutefois la musique qu’il étudie d’abord au Conservatoire de Saint-Pétersbourg jusqu’en 1913 ; il y apprend notamment la composition avec Alexandre Glazounov. Mais reprochant à l’enseignement du Conservatoire son académisme, il poursuit ses études musicales en autodidacte. Ses œuvres de jeunesse sont marquées par un romantisme tardif et influencées par Alexandre Scriabine ; il s’essaie aussi au dodécaphonisme et plus largement à l’atonalité — prônés par Schönberg — à partir des années 1910. Ses rencontres avec les poètes Alexandre Blok et Anna Akhmatova vont le rapprocher du mouvement symboliste. Après la révolution russe de 1917, ses prises de position à l’encontre de l’académisme lui vaudront un poste d’enseignant dans une école de musique du nouveau régime bolchevique. Mais bientôt déçu par celui-ci, il profite d’un voyage officiel à Berlin – où il fait la connaissance de Ferruccio Busoni, dont il devient un ami – en 1921 pour demander l’asile politique. Il est immédiatement proscrit dans son pays natal. En 1924, il s’installe à Paris où il rencontre son compatriote Igor Stravinski, avec lequel il se lie d’une grande amitié et dont il défendra ardemment la musique durant son séjour parisien. Sa propre musique est alors influencée par celle de Stravinski et le néo-classicisme. Son passé bolchévique lui attire l’animosité de la communuauté russe exilée ; dans une lettre à Stravinsky, Prokofiev parle de « cette racaille que vous appelez si courtoisement Arthur Sergueïevitch ». En 1941, au début de l’occupation allemande, il quitte Paris et émigre aux États-Unis (s’installant d’abord à New York), avec l’aide d’un autre compatriote, le chef d’orchestreSerge Koussevitzky, auquel Lourié avait consacré une chronique biographique publiée en 19311.

La musique d’Arthur Lourié reste peu connue, attendant une plus large reconnaissance. Le catalogue de ses compositions est très varié et comprend des pièces pour piano, de la musique de chambre, des œuvres pour orchestre dont trois symphonies, des œuvres chorales et/ou pour voix soliste(s), mais aussi des musiques pour la scène dont un opéra encore jamais représenté à ce jour : Der Mohr Peter des Großen.

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