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Biographie

John Adams

John Adams est né à Worcester (Massachussets). Son adolescence est immergée dans leswing, les musicals de Broadway et la musique populaire américaine des années 1940 et50, dont les influences se feront plus tard sentir dans sa musique. Clarinettiste de formation, il étudie la composition à Harvard auprès de Leon Kirchner, disciple de Schönberg, tout en dirigeant le Bach Society Orchestra et en étant clarinettiste de réserve pour le Boston Symphony Orchestra et l’Opéra de Boston. Après son diplôme, il part s’installer en Californie, traversant en voiture les États-Unis d’Est en Ouest au cours d’un voyage aussi fondateur (il découvre les grands espaces américains) que symbolique (il s’éloigne de l’emprise de la tradition européenne). Après une série de pièces électroniques proche du happening, il livre en 1977-78 ses premiers opus : s’ils se rattachent indéniablement au minimalisme, Phrygian Gatespour piano et Shaker Loops témoignent d’une vision toute personnelle de celui-ci. Adams ne tardera pas à instiller à l’idiome répétitif, dès Harmonielehre(clin d’œil à Schönberg) un sens singulier des contrastes, des couleurs (il est un orchestrateur hors pair), ainsi qu’une sensibilité quasi postromantique (Wagner, Mahler et Sibelius font partie de ses modèles). C’est l’opéra Nixon in China, créé en 1987 avec le metteur en scène Peter Sellars, qui le révélera à un vaste public. Cet ouvrage, l’un des plus grands succès de l’opéra contemporain, sera suivi de plusieurs autres, toujours sur des sujets d’actualité, qui imposent John Adams comme l’un des principaux compositeurs lyriques de son temps. Compositeur« janusien», selon son biographe Renaud Machart, dont l’œuvre oscille en permanence entre des partitions enfiévrées, extraverties, et une veine plus élégiaque, voire spirituelle, John Adams n’a cessé d’élargir sa palette, comme en témoigne, parmi ses réussites récentes, une partition comme The Dharma at Big Sur, pour violon électrique et orchestre composée pour l’inauguration du Disney Hall à Los Angeles en 2003. En dépit de la large reconnaissance dont il fait l’objet (c’est une pièce de sa composition, On the Transmigration of Souls, que l’Orchestre Philharmonique de New York a créée en 2002pour célébrer la prise de fonction de son chef Lorin Maazel et la commémoration des attentats du 11 Septembre), la figure de John Adams n’est pas exempte de polémiques –par exemple lorsqu’en 2003, il refuse un prix Pultizer qu’il juge trop académique. En dépit des attaques dont il continue de faire l’objet de la part des tenants de l’avant-garde institutionnelle, en particulier en Europe, John Adams est aujourd’hui l’un des compositeurs vivants les plus joués ; peut-être parce que, dans la musique de ce« pur produit du XXe siècle », comme l’a écrit Alex Ross, «l’éternelle dichotomie entre tradition et avant-garde se voit proposer, enfin, un repos bien mérité »