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Biographie

Morton Feldman

Né à Brooklyn dans l’état de New York, au sein d’une famille juive d’origine ukrainienne, Morton Feldman étudie le piano auprès de Vera Maurina Press, ancienne élève de Busoni et proche de Scriabine, le contrepoint avec Wallingford Riegger et la composition avec Stefan Wolpe, élève de Schreker et Webern. C’est par l’entremise de ce dernier qu’il rencontre Edgar Varèse, qu’il admire passionnément et auquel le liera une profonde amitié. Varèse influencera une conception de la musique axée autour de l’écoute et du son. 1950 est l’année où, à l’occasion d’un concert de la musique de Webern par l’Orchestre Philharmonique de New York, il fait la rencontre de John Cage, mais aussi celle où il compose, avec Projection 1, sa première œuvre notée graphiquement. Avec Cage, Earle Browne et Christian Wolfe, Morton Feldman devient l’un des protagonistes de ce que l’on appellera la New York School. Il se lie d’amitié avec les peintres de l’expressionnisme abstrait : Jackson Pollock, Philip Guston, Frank O’Hara et Mark Rothko, qui lui inspireront plusieurs pièces – notamment le splendide Rothko Chapel (1971). Entre 1953 et 1958 toutefois, puis définitivement à partir de 1967, Feldman renonce aux partitions graphiques, refusant d’assimiler sa musique à de l’improvisation. À Berlin, où il avait déjà séjourné en 1971-72 à l’invitation du DAAD et « redécouvert », disait-il, sa judéité, il fera en 1976 la rencontre de Samuel Beckett, qui lui envoie peu après un poème, Neither, qui constituera la trame de l’opéra Neither, créé en 1977 à Rome. Sa musique, qui investit des durées étirées à l’extrême, et explore des variations de nuances et de textures de plus en plus infimes, s’impose comme un art qui, comme l’a écrit Laurent Feneyrou, « donne au temps son essence ». De 1973 à sa mort, Morton Feldman a occupé la chaire de composition Edgar Varèse à l’Université de New York/Buffalo.

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